Trop c’est comme pas assez
25 décembre. Bas-Saint-Laurent. Beaux-parents. Le sapin est entouré de cadeaux. La maisonnée se réveille tranquillement. La verre de lait est vide. L’assiette à dessert est pleine de miettes. Les enfants demandent toutes les 2 minutes quand ils vont pouvoir ouvrir leurs cadeaux.
Le sapin est bien plus qu’entouré de cadeaux, il n’a pas assez de bras pour les contenir tous sous ses branches. Je me dis qu’il y en a bien plus ce matin qu’hier soir. Pourtant, hier soir, nous étions 30 et il y en avait pour tout le monde et ce matin nous sommes seulement 9. Mais, il y a 2 jeunes enfants dans l’assistance.
Robe de chambre, café bien fort, le dernier vient de se lever, on s’installe au salon. On donne un premier cadeau à chaque enfant : des livres. On donne un deuxième cadeau à chaque enfant : le coffret de Passe-Partout. On donne un troisième cadeau aux enfants : un Cd-rom éducatif. Un cadeau aux adultes. Quatrième cadeau aux enfants : un jeu de Lite Brite pour la voiture. Cinquième cadeau : un train pour l’un, une robe de Princesse pour l’autre suivi d’un pyjama et d’une paire de patins à glace. Un cadeau aux adultes. Un septième cadeau : une guitare et un coffre à bijoux. Puis, encore des livres, un DVD, des petites autos, du maquillage, un toutou, une autobus téléguidée, un jeu de «Cherche et trouve», un petit pupitre peint à la main, 2 chandails, un jeu de mémoire, une poupée «Bratz», une voiture de Barbie et je ne sais plus quoi encore.
Les enfants ne déballaient même plus les boîtes jusqu’au bout. Aussitôt qu’ils voyaient ce qu’il y avait sous le papier, ils délaissaient le cadeau et passaient au suivant. J’avais mal au coeur et envie de pleurer. L’Homme-Tuque et moi avions offert à Fiston le chandail de Diego qu’il avait demandé au Père Noël, that’s it. Pour le reste, je n’ai pas réussit à suivre le fil de qui a offert quoi. C’était carrément le déluge de bébelles.
Par la suite, je n’ai pas réussit à me défaire d’un profond malaise, d’un écoeurement face à cette surabondance de bébelles et de papier dans laquelle les enfants nageaient sans rien comprendre et surtout sans apprécier. Je pensais à la Guignolée auquelle je n’ai pas donné un sous cette année parce que j’étais tellement trop occupée. Je feelais vraiment cheap.
Dans la voiture, le 26, pendant mon retour à la maison, j’ai prit une décision. Le soir même, j’allais réemballer la moitié des cadeaux de Fiston et les donner à des familles moins chanceuses que la mienne par l’intermédiaire de l’entraide de mon village. Un fois Fiston au lit, j’en ai parlé avec l’Homme-Tuque. D’accord avec moi, il a mit la main à la pâte pour mettre du beau papier sur ces cadeaux en trop. J’ai écrit une carte dans laquelle j’explique mon geste, que j’ai joint à ma boîte de paquets. Sur chaque cadeau, j’ai écrit sur un Post-It le genre de cadeau qu’il contient et l’âge des enfants auxquels il s’adresse afin que les bénévoles puissent les offrir à des enfants qui sauront les aprécier. Puis, j’ai déposé ma boîte dans le coffre de dons de l’entraide.
Fiston ne s’est aperçu de rien. Il a joué avec son train toute la journée. Il a gratté un peu de guitare. Passe-Partout ne l’intéresse pas. Et moi, j’ai le coeur plus léger.
Good feeling | Commentaires (2)Père Noël, merci, bonsoir!
Mercredi, journée de grand magasinage. La tribu s’est rendue au centre d’achats. J’avais fini par me décider à emmener Fiston voir le Père Noël. Ce sera cette année son 3e Noël, mais sa première rencontre avec le vieil homme. C’est que Joa ça y tentait pas les autres années de passer 1h-1h30 dans une file bourrée d’enfants pour, peut-être, courir le risque de provoquer une crise de larmes chez Fiston. Alors, en bonne mère égocentrique que je suis, j’ai snobé le bonhomme poilu 2 années de suite et ce, sans aucun remords.
Or, cette année, Fiston ayant maintenant conscience des lumières, sapins et autres bonhommes soufflés autour de lui, je vivais un grand déchirement intérieur. Par 3 fois, j’ai passé mon chemin devant le village décoré du Père Noël… mais surtout, surtout devant la masse de parents tenant la marmaille dans leurs bras dans une file de 2-3 km à travers le mail, certains prévoyant même faire porter leur nourrisson de 10 jours par le célèbre personnage (même les prêtres n’ont plus se plaisir).
Pitié!!! Pouvez-vous me dire qui a inventé ça, les Pères Noël de centres d’achats?! L’Homme-Tuque et moi n’avions aucune envie de traîner Fiston faire la connaissance du vieux monsieur. Puis… avec le recul… je me suis dit que bon… je devrais peut-être faire un effort… et faire la file… moi aussi… avec Fiston… qui rouspète… pendant des heures… pour prendre une photo à 5$… avec le bonhomme poilu… Et j’y suis allée. Mais j’étais organisée!! Nous avions mangé. Avions été à la salle de bain. L’Homme-Tuque nous accompagnait (on est jamais trop de 2 dans les moments difficiles). Nous avions bien choisi le jour, l’heure, l’alignement des astres pour le grand moment. Et tout fût parfait. On a scoré en 30 minutes, merci, bonsoir! L’Homme-Tuque faisait la file. Je faisais le tour du village avec Fiston. Fiston s’excitait devant les sapins, manèges, jouets et autres bidules de saison. Ensuite, je faisais la file. L’Homme-Tuque faisait le tour du village avec Fiston.
Puis, le tour de Fiston arriva. Il s’avança vers le vieil homme en rouge. Le salua. L’homme lui tendit les bras. Fiston plein d’assurance, tendit les bras à son tour et se laissa asseoir sur les immenses genoux du bonhomme poilu. Et comme s’ils se connaissaient depuis toujours, ils ont jasé ensemble quelques minutes, sans s’occuper de nous. Fiston lui dit qu’il avait été sage *tousse* et qu’il voulait un chandail de Diego. En cadeau, un petit manchot en peluche et une canne de Noël, une photo souvenir, un câlin, un merci et un aurevoir. Quand nous sommes repartis, j’étais toute émue et fière de voir mon bébé, dis-je, mon petit homme, si calme et en confiance avec un étranger poilu et habillé en velour rouge qui habite un milieu de centre d’achats.
Good feeling, Sortez-moi de moi | Commentaires (0)Cauchemard de Noël
Maintenant que nous sommes en décembre, je commence à penser à Noël. Pour moi, penser à Noël avant le mois de décembre c’est un sacrilège, ça dilue tout le plaisir. Mais maintenant que décembre est là, je me permets de penser à mon sapin, de sortir les boîtes de décorations, de mettre la télé à Galaxie/Tounes de Noël. Bref, à me mettre dans le mood. Et ça tombe bien, parce qu’il est tombé de la neige la vieille et je suis gonflée à bloc.
Mais faire un sapin, c’est pas reposant. Il faut commencer par amancher le pied de l’arbre. Chaque année vous gossez pendant 10 minutes, incapable de vous souvenir où placer la mautadite de rondelle de métal. Puis vient le moment d’installer les branches sur le tronc. Comme mon arbre date des années 70 et que les étiquettes de couleurs permettant de repérer à quel étage vont les branches sont presque toutes disparues, cette étape me demande beaucoup d’essais et d’erreurs. Ensuite, il me faut déplier et bien étendre les branches pour donner de l’ampleur à votre arbre. Re-gossage. Rien à faire, il fait vraiment pic-pic. J’annonce à l’Homme-Tuque (comme tous les ans) que c’est sa dernière année au dit sapin.

L’étape des lumières est toujours faite par l’Homme-Tuque. C’est son dada. Il prend bien son temps et y met tout son amour. De mon côté, je me fais un plaisir de bien lui déméler les 4 sets de 100 lumières. 400 lumières dans 5 pieds de sapin maigrichin, c’est très lumineux.
l’Homme-Tuque s’installe et s’attelle à sa tâche. Pendant ce temps, Fiston et moi plaçons des boules sur la couronne de lumières. Franck Sinitra chante Noël, Fiston accroche des boules : une joie simple reigne dans la maisonnée. L’Homme-Tuque constate que les 2 sets de lumières qui restent ne fonctionnent pas. Étrange, ils sont neufs de l’année dernière. Comme vous ne comptez rien faire d’autre de votre journée, vous entreprenez avec l’Homme-Tuque de tester, une par une, les lumières, d’éliminer celles qui sont brisées et de réunir toutes celles qui fonctionnent sur un seul et même set. Alors vous vous asseyez tous les deux par terre et vous vous passez les lumières une à une.
Cela prend du temps. Celle-ci fonctionne. Celle-là non. Celle-ci oui. Et une autre, et une autre encore.
Nous prenons notre temps, la tâche est relaxante… 200 lumières plus tard, nous avons un set complet de lumières fonctionnelles. Nous le branchons et… il ne fonctionne PAS!?!? Je panique, comme d’habitude. L’Homme-Tuque, positif, me dit qu’il va tout simplement aller en acheter un nouveau à l’Acadien Bricoleur. Moi, je suis en maudit pareil. Chaque année c’est la même chose : les maudites lumières ne survivent pas à un an d’entreposage.
L’Homme-Tuque, de retour – Il y avait juste des lumières de couleurs, donc j’ai acheté des rouges.
Moi, cramoisie – ROUGES?!?!?! Mais le concept c’est BLANC. Argenté et BLANC!!!
L’Homme-Tuque, qui veut calmer le jeu – Mais c’est pas grâve parce que je vais enlever toutes les lumières rouges qui sont sur le set et les remplacer par des blanches qui fonctionnent.
Moi, d’un air «t’es pas game» – T’es pas sérieux?
L’Homme-Tuque, d’un air «mets-en que chu game» – Tu n’es pas obligé de m’aider.
Je le regarde, fronce les sourcils, me dirige vers le frigo, prends une bière et vais m’enfermer dans le bureau. C’est comme ça que commence mon Temps des Fêtes.
Mise à jour : Les lumières blanches ne fitaient pas sur le set rouge finalement. L’Homme-Tuque a donc retesté toutes les lumières blanches et cette fois-ci ça a marché. Mon arbre est beau et tout illuminé. L’Homme-Tuque est mon héros. Vive Noël!
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