Trop c’est comme pas assez

27 décembre 2006

25 décembre. Le sapin est entouré de cadeaux. La maisonnée se réveille tranquillement. La verre de lait est vide. L’assiette à dessert est pleine de miettes. Les enfants demandent toutes les 2 minutes quand ils vont pouvoir ouvrir leurs cadeaux.

Le sapin est bien plus qu’entouré de cadeaux, il n’a pas assez de bras pour les contenir tous sous ses branches. Je me dis qu’il y en a bien plus ce matin qu’hier soir. Pourtant, hier soir, nous étions 30 et il y en avait pour tout le monde et ce matin nous sommes seulement 9. Mais, il y a 2 jeunes enfants dans l’assistance.

Robe de chambre, café bien fort, le dernier vient de se lever, on s’installe au salon. On donne un premier cadeau à chaque enfant : des livres. On donne un deuxième cadeau à chaque enfant : le coffret de Passe-Partout. On donne un troisième cadeau aux enfants : un Cd-rom éducatif. Un cadeau aux adultes. Quatrième cadeau aux enfants : un jeu de Lite Brite pour la voiture. Cinquième cadeau : un train pour l’un, une robe de Princesse pour l’autre suivi d’un pyjama et d’une paire de patins à glace. Un cadeau aux adultes. Un septième cadeau : une guitare et un coffre à bijoux. Puis, encore des livres, un DVD, des petites autos, du maquillage, un toutou, une autobus téléguidée, un jeu de «Cherche et trouve», un petit pupitre peint à la main, 2 chandails, un jeu de mémoire, une poupée «Bratz», une voiture de Barbie et je ne sais plus quoi encore.

Les enfants ne déballaient même plus les boîtes jusqu’au bout. Aussitôt qu’ils voyaient ce qu’il y avait sous le papier, ils délaissaient le cadeau et passaient au suivant. J’avais mal au coeur et envie de pleurer. L’Homme-Tuque et moi avions offert à Fiston le chandail de Diego qu’il avait demandé au Père Noël, that’s it. Pour le reste, je n’ai pas réussit à suivre le fil de qui a offert quoi. C’était carrément le déluge de bébelles.

Par la suite, je n’ai pas réussit à me défaire d’un profond malaise, d’un écoeurement face à cette surabondance de bébelles et de papier dans laquelle les enfants nageaient sans rien comprendre et surtout sans apprécier. Je pensais à la Guignolée auquelle je n’ai pas donné un sous cette année parce que j’étais tellement trop occupée. Je feelais vraiment cheap.

Dans la voiture, le 26, pendant mon retour à la maison, j’ai prit une décision. Le soir même, j’allais réemballer la moitié des cadeaux de Fiston et les donner à des familles moins chanceuses que la mienne par l’intermédiaire de l’entraide de mon village. Un fois Fiston au lit, j’en ai parlé avec l’Homme-Tuque. D’accord avec moi, il a mit la main à la pâte pour mettre du beau papier sur ces cadeaux en trop. J’ai écrit une carte dans laquelle j’explique mon geste, que j’ai joint à ma boîte de paquets. Sur chaque cadeau, j’ai écrit sur un Post-It le genre de cadeau qu’il contient et l’âge des enfants auxquels il s’adresse afin que les bénévoles puissent les offrir à des enfants qui sauront les aprécier. Puis, j’ai déposé ma boîte dans le coffre de dons de l’entraide.

Fiston ne s’est aperçu de rien. Il a joué avec son train toute la journée. Il a gratté un peu de guitare. Passe-Partout ne l’intéresse pas. Et moi, j’ai le coeur plus léger.


  1. Tite-Nouille a dit le 19 novembre 2007 à 17:04

    Wow, quel beau geste!
    Moi aussi ça me dépasse tous les cadeaux qu’ont les jeunes maintenant.
    J’achetais des petits cadeaux aux enfants des mes soeurs. Pour leur faire plaisir. Une fois, ma nièce l’a pris et l’a mia au travers des autres sans aucune réaction.
    Je me suis dis: plus jamais!
    Et je fais des cadeaux seulemetn à ma fieule a sa fête et a noêl. Et juste un.
    Ça ma tellement décourager de les voir aux noël…

  2. Joa a dit le 21 novembre 2007 à 17:11

    Souvent, trop c’est comme pas assez!

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