Freddy Kruger, laveur de vitres

17 février 2007

C’est rare que l’on se lève un matin en se disant «Aujourd’hui, il va m’arriver quelque chose qui pourrait me tuer». Ces affaires là ont tendance à nous surprendre, allez savoir pourquoi.

Hier, j’étais dans ma voiture en direction du Cégep pour assister à un cours d’anglais et je ne m’imaginais pas que j’aurais pu avoir a very good reason pour être absente, du genre en béton. Je venais de laisser Fiston chez sa gardienne, comme d’habitude. Je m’engageais sur le pont pour atteindre l’autre rive, comme d’habitude. Il est 7h et quelques, c’est l’heure de pointe, il y a vraiment beaucoup de voitures. La chaussée est glissante et aussi assez salissante. À mi-chemin du pont, mon par-brise est complètement salopé par ceux qui sont devant et je dois me rendre à l’évidence qu’il est temps de le nettoyer. Je ramène à fond le petit levier qui actionne les essuis-glaces. *Zouuuuuuuu. Slock. Slock. Slock. OUPS!* L’essuis-glace du côté conducteur s’est envolé. Parti. Disparu. Volatilisé. Tout ce qui se passe dans ma vitre c’est *Sckriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitch. Sckriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitch. Sckriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitch.* Paniquée, je cherche le levier afin de faire cesser ce bruit insuportable, comme si Freddy Kruger lavait mes vitres. Levier en position arrêt, 2-3 coups de griffres supplémentaires et enfin, le silence.

J’examine la situation: je roule 100 km/heure dans la voie rapide, il y a des voitures partout, surtout en avant qui salissent à chaque seconde davantage mon pare-brise, je suis sur un pont donc je ne peux pas m’arrêter. Premièrement, ralentir et changer de voie. Bon. Encore plus de gens devant, mon pare-brise s’assombrit de plus en plus. Shit. En adoptant une position semi-assise j’arrive à atteindre un coin de pare-brise plus clair ce qui me permet de voir un peu. Bon. J’atteinds la première sortie. Je me sens mieux. Je suis à un feu. Youpi, j’ai une voie protégée pour tourner. Garage, garage, garage… GARAGE! Je n’ai jamais été si heureuse de voir une feuille d’érable rouge. Je nettois à toute vitesse mon pare-brise (i’m late!) et je place l’essuis-glace restant du côté conducteur. En cas d’urgence je pourrai laver ma vitre. Je roule doucement vers le Cégep. Ma voiture se dandine le derrière à tous les coins de rue. Je suis en retard, mais je conduis prudemment. Faire un accident après avoir échappée au pare-brise sale, ce serait vraiment con. Et je formule un excuse for my teacher dans ma tête.


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