Sans me relire, il faut le faire

5 février 2008

Maudit que je suis déprimée. Le 1er mars s’en vient, je dois penser à m’inscrire à l’école. Ça fait des heures que je fouille sur Internet, que je visite les sites de Universités, des Cégeps et même des écoles professionnelles à proximité. J’ai pas d’idées. Je suis rendue à envisager comptable agrée comme future job. C’est vraiment le fond du fond.

Je suis peut-être juste pas faite pour travailler? Une désadaptée du travail, allergique aux horaires et terrorisée à l’idée de se lever tous les matins en ayant un but. Je suis sûrement traumatisée par le travail. Ou alors j’ai tellement pas confiance en moi que je ne peux pas imaginer que quelqu’un pourrait bien vouloir de moi comme employé. Alors c’est pour ça que j’ai un blocage. Que j’arrive pas à me décider. Je me trouve bonne en rien mais pas mauvaise en plusieurs affaires. Sans talents, sans passions, sans loisirs, sans intérêts particuliers. Rien qui dépasse. Mais je doute! Ça! Tout le temps.

Rester à la maison et élever mes enfants? Non. Pas capable. Un moment donné, j’ai comme une overdose de parcs et de bricolage.

J’envie ceux qui ont toujours eu un chemin tracé, une super passion dévorante, ceux qui ont toujours su qu’ils voulaient enseigner ou faire comme leurs parents. Je les trouvent chanceux de ne pas avoir à se psychanalyser pour trouver un métier, à ne pas choisir, se tromper, choisir à nouveau, rater son coup, se décourager, faire un bébé en attendant et se casser la tête encore. J’envie ceux aussi qui s’en foutent, qui trouveraient leur voie ou leur bonheur dans à peu près n’importe quoi, n’importe où.

Quand j’y pense, j’ai peur. J’ai peur de me sentir enfermée dans une job, comme ma mère qui s’est usé le corps sur une machine à coudre dans une usine trop froide en hiver et étouffante en été, enfermée dans un travail que je hais juste pour payer les factures, pour que mes enfants aient un frigo plein. J’ai peur et je me décide pas. Parce que j’ai déjà choisi et je me suis trompée. Et là, bin, j’ai pas d’idées. En fait, j’en ai, mais je suis tellement pas sûre que je suis faite pour ça. Peut-être que je vais m’apercevoir dans mes cours que tout le monde réussit et pas moi, que tout le monde trippe et pas moi. Qu’avec les enfants, j’arriverai pas à suivre le rythme. Vais-je réussir à garder de l’intérêt au de-là d’une année? De deux? DE QUATRE? J’en doute.

J’ai peur de m’inscrire dans une Université, qu’on lise mon profil et mes antécédents et qu’on trouve que j’ai une vie plate, que j’ai rien fait de bon, 4 douzaines de cours sans queue ni tête et… sans résultats. On a tout le temps dit de moi que j’étais intelligente, bonne, que je pourrais aller à l’Université. Et, j’ai rien fait de tout ça.

Est-ce qu’il faut nécessairement que j’aie une illumination? Une espèce de vocation à l’intérieur ou est-ce que je peux choisir une carrière juste pour le salaire et être heureuse quand même? Est-ce que c’est vraiment important d’aimer sa job? Est-ce que je pourrais apprendre à aimer n’importe quoi? Est-ce que, si j’ai un minimum de potentiel académique, je peux réussir n’importe quoi? Est-ce que si je ne suis pas à ma place, ça va nécessairement se sentir et personne ne va vouloir de moi comme employée?

Est-ce que je vais publier ce billet ou je vais l’enregistrer et ne plus jamais y revenir? C’est certain que si je me relis, je vais en effacer la moitié..! Et je recommencerai pas certain! Go! Je publie.


  1. Marie a dit le 5 février 2008 à 20:03

    Wow! En lisant ton billet je me suis toute suite reconnu. On dirait que je l’ai écris. Je suis dans le même dilème que toi. J’ai fais un DEP en Comptabilité et je n’ai même pas travailler 1 journée dans se dommaine. :( 2 ans d’étude pour rien. Il faut tu que je sois indésice ou imbécile ??? En tout cas, je te souhaite bonne chance tu en a besoin…Et moi aussii….QU’EST-CE QUE JE VAIS DEVENIR??? Seul dieu le sait et le diable sans doute!!

  2. Alcolo a dit le 5 février 2008 à 20:23

    si tu te donnais tout simplement ce droit de te tromper, jusqu’à la prochaine fois où tu te tromperas…
    (d’un homme qui a rarement fait plus d’un an au même endroit et enligné 7 jours de bonheur sans angoisse!)

  3. La Fêlée a dit le 5 février 2008 à 20:25

    En bloc:
    Oui tu peux réussir n’importe quoi va jamais douter de ça, non l’illumination n’est pas nécéssaire, non le bonheur en principe ne doit pas dépendre de ta job quoique ça aide un peu, et non, un patron ne verrait pas que tu n’es pas à ta place dans la mesure où tu livre la job, ton bonheur lui importe peu en général.

    J’aurais pu l’écrire ce billet y a pas si longtemps…

    Je ne peux malheureusement pas te conseiller. Peut-être juste… écoutes-toi, fais-toi confiance dans ça aussi comme tu sais te faire confiance dans la façon d’élever tes enfants.

  4. Nathalie a dit le 5 février 2008 à 20:28

    J’ai étudié longtemps… trop longtemps probablement, mais ça me pris du temps trouver ma voie. J’ai finalement trouvé et étrangement c’est comme si j’avais fait ça toute ma vie. Ce n’était pas une passion malade, mais j’aime ce que je fais. Il y a mieux probablement, je me trouverais sûrement d’autres choses qui me tenterait, mais j’ai décidé de “slaquer” et de me concentrer sur une chose. J’ai le goût de te dire, essaie, essaie quelque chose qui te semble pas mal et qui sait ça sera peut-être ça. On est pas obligé de toujours carburer au grande passion, ce que je sais par contre c’est qu’on les trouve quand on ne les cherche pas.

    Un méga gros m… pour les choix qui s’en viennent.

  5. Valérie-Ann a dit le 6 février 2008 à 8:09

    J’imagine que tu l’as déjà fait, mais juste au cas ou, t’as essayé de parler avec un conseiller en orientation? Il y en a dans les Centres Local d’Emploi, dans pas mal toutes les villes au Québec. C’est un service gratuit, mais je crois qu’il faut prendre rendez-vous. Il t’aidera à cerner tes points forts, tes goûts, il pourra peut-être te pointer des professions auquelles t’avais pas pensé… Le seul risque est de tomber sur un incompétent. Mais c’est une chance à prendre.

    Moi j’ai le problème contraire, j’ai trop de centres d’intérêt. Si bien que j’ai des dizaines de projets potentiels, aucun fond disponible et un DEC inutilisable dans mon bagage…:(

    Bon courage cocotte!

  6. Véro a dit le 6 février 2008 à 8:19

    C’est pas facile, les choix de carrière. S’enligner sur UN domaine en particulier, sans trop savoir ce que ça implique vraiment. En espérant que le travail soit payant et que ça nous intéressera jusqu’au temps de notre retraite.

    LA job qu’on garde toute une vie, est-ce que ça existe encore?

    Si tu décides de te diriger vers un domaine d’études en particulier, aie confiance en toi et fonce! Je suis convaincue que tu as tout le potentiel nécessaire pour réussir dans ce que tu choisiras.

    Moi aussi je veux me réorienter. Mais pas tout de suite. Et pas en fonction du salaire non plus. Je n’ai pas envie de me tracer un chemin pour les trente prochaines années. J’ai le goût d’aller vers ce qui me tente maintenant, et on verra où ça m’amènera plus tard.

  7. Malika a dit le 6 février 2008 à 14:58

    Je pense que la plupart d’entre nous avons vécu la même situation que toi. Je suis entrée au CEGEP en choisissant ce qui m’ouvrirait le plus de porte… Je suis entrée à l’université en choisissant ce qui me tentait ce matin là. J’ai donc fait des sciences pures, de la littérature française, de la psycho-pédagogie et même un certificat en informatique de gestion. La plupart de mes diplômes n’ont rien à voir avec les précédents!

    La vie ne t’oblige pas à faire un seul choix. On a malheureusement l’idée que l’on doit se choisir UNE carrière. Suis ton coeur un bon matin et tu verras bien où ça te mènera. Dans le fond, la carrière et l’amour c’est la même chose: il suffit de bien vouloir les laisser entre dans notre vie pour qu’on s’y attache.

    Bonne chance à toi! :)

  8. Mélanieet Gusgus a dit le 7 février 2008 à 18:11

    Voudrez-tu un fouet pour te flageoler un peu plus?

    J’espere vraiment qu’un jour tu vas réaliser à quel point tu as un talent HYPER CRÉATIF et que OUi tu es intelligente et ca n’a pas du tout rapport avec les diplômes. À presque 32 ans, j’en suis à ma 2e session au cegep, et trouver mon domaine à été long. Un gros-vertige aussi, mais oui, un jour ca été plus clair. Et oui j’Ai vraiment cru que je ne réussirais pas car j’étais affreusement mauvaise à l’école. Mais quand j’ai vu que ma moyenne était plus forte que le groupe, ca a changé pas mal ma perception de l’intelligence!

    Je pense que la grisaille de l’hiver t’embrume un peu, Non?
    Méxx

  9. jedounet a dit le 27 mai 2008 à 12:35

    écoute j’ai a peine commencé a lire le blog que j’ai kiffé le truc de la maison et des enfants, ensuite j’ai lu l’article ou tu dis qu’il est dur de se trouver, et qu’on doute de soi, et tout ce que j’ai a dire c’est que tu a vraiment une belle plume et tes idées sont bienpensante, on doute de nous toujours et on s’engraine dans un systeme qui ne nous plait pas plus que ca.

    mais ta passion tu l’a pas déja trouvé? c pas la plume par hasard?

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