Le jour et la nuit (Partie 2)
Tout a commencé ici.
Vers minuit, sous la suggestion de K, on m’a installée un petit amas d’oreillers pour que j’y dépose ma tête et mes épaules. Cocotte s’en venait, il ne restait qu’une fine bande de col. Et déjà, elle poussait.
C’était un mouvement incontrôlable. Mon bassin basculait tout mon corps vers l’arrière comme une chatte qui s’étire. Déjà, la tête se pointait. K a suggéré de rompre les membranes entre Cocotte et moi. Tout ce temps là elle flottait dans sa bulle ma profiteuse de fille! Tant mieux pour nous deux! Rapidement, sa tête est apparue tout entière. Elle a ensuite prit une longue pause de 4 minutes. 4 minutes sans aucune contraction, sans aucune poussée. Je ne l’ai su que plus tard, mais le stress était contagieux dans la chambre pendant ces 4 minutes! Puis, elle est née. Il était minuit 59.

Tout le reste s’est fait dans la plus grande simplicité. Examen si Belle Beauté le veut bien, couper le cordon quand c’est vraiment nécessaire, examen du placenta expliqué, … Et Belle Beauté qui voulait boire et qui était vraiment championne! Enfin, un long dodo tous les trois dans cette chambre nommée La Pleine Lune. Si à propos.
Un retour à la maison rapide et apprécié! Qu’on se sentait bien avec un 2e. Des vrais pros! Cool. Relax. Ça allait tout seul. Un intense sentiment de famille. Juste l’essentiel. Être ensemble.

Et les mois ont passés. 6 mois de bon lait de maman plus tard, Belle Beauté était déjà toute féminine tout en étant le portrait craché de son frère.
6 autres mois plus tard, elle est devenue une tite madame curieuse, vivante, affectueuse et têtue.
Bonne fête Scarlette.
Merci pour cette année…
Toff! mais inoubliable.

Le jour et la nuit
Mes 2 accouchements, comme mes 2 enfants, c’est le jour et la nuit. D’ailleurs le premier est né le jour, la deuxième, la nuit. Laissez-moi vous raconter la nuit.
Ma DPA était dépassée depuis plusieurs jours, je collectionnais les rendez-vous à la Maison de naissance et les trucs pour convaincre Cocotte de venir au monde. Heureusement, mes sage-femmes étaient super relax avec ça et me faisaient entièrement confiance. «C’est toi le meilleur juge de la santé de ton bébé. S’il bouge comme d’habitude, on continue à attendre.»
Les gens autour de moi étaient nerveux. Moi, une fois ma DPA passée, je suis devenue très calme… mais très intolérante! Mon instinct de nidification ne s’exprimait pas en ménage extrême mais en pas touche à ma bulle familiale extrême. Je ne voulais voir personne, parler à personne et refusait qu’on me prenne Fiston pour quelques jours. J’avais besoin de sentir ma famille unie et heureuse. J’avais l’impression que je n’accoucherais jamais sans cela!
Le lundi 24, j’avais rencontré K qui m’avait donné sa recette pour l’huile de ricin et avait pratiqué un décollement des membranes. Le mardi 25, je m’étais préparé un lait frappé pour accoucher qui m’avait donné davantage mal au coeur qu’autre chose. Le lendemain, à ma 42e semaine de grossesse, si je n’avais pas encore accouché j’aurais l’obligation d’aller à l’hôpital. Il n’en était juste pas question. Je me sentais en sursis.
La veille du fameux jour H, après le souper, j’avais proposé à l’Homme-Tuque d’aller marcher dans le bois derrière la maison. Il avait accepté pour me faire plaisir, les marches c’est pas trop son truc. Je n’ai pas eu à marcher longtemps avant d’avoir des contractions.
«Chéri, c’est peut-être ce soir qu’elle va arriver haha!» que je disais à l’Homme-Tuque. Marche, marche, plaisante. Il faisait beau, il faisait chaud, on essayait de se détendre. «Chéri, plus ça va, plus je pense que c’est vrai là, elle va arriver ce soir..!» Pas de montre, impossible de calculer la fréquence des contractions. On a quand même poursuivi notre promenade. «Chéri, ça n’arrête vraiment pas là, je pense qu’on devrait rentrer à la maison!» Et sur le chemin du retour… «Chéri, on marches-tu un peu plus vite?»
De retour à la maison, j’ai téléphoné à K pour l’avertir que c’était le bon soir.
K — À quelle fréquence sont tes contractions?
Moi — Je sais pas, je marchais, je n’avais pas de montre. Je vais prendre un bain, je vais calculer ça et je te rappelle.
K — Ok, à tantôt!
Je suis allée prendre un bain. Toujours des contractions. Je pensais que l’Homme allait venir voir comment j’allais et m’apporterait un cadran, quelque chose, pour que je calcule mes contractions. J’attendais. Il ne venait pas. Je l’ai appelé. Pas de réponse. Grrrrrrr! Ok, fuck le calcul, j’étais certaine que c’était le bon moment. J’ai essayée de sortir du bain… iiiiiiii pas facile..! J’ai appelé l’Homme encore… qui n’est pas venu. Câlissss! Heureusement, j’ai fini par m’extirper du bain sans me casser le cou.
Finalement, l’Homme est arrivé..!! «T’étais où câliss!?!» que je lui ai demandé. «Bin, en bas! J’avertissais la job que je serai pas disponible pour les prochains jours!» qu’il m’a répondu innocemment. Après quelques reproches bien sentis, tout s’est passé très rapidement: le téléphone à ma mère, les ordres lancés en vrac à l’Homme et les explications à Fiston. Les contractions étaient de plus en plus rapprochées et de plus en plus douloureuses alors je faisais vite. Nous avons pagé K mais c’est l’Homme qui lui a parlé car je n’arrivais déjà plus à tenir une conversation. Il était environ 20 heures.
Ma mère est arrivée. J’ai dû laisser passer une contraction avant d’aller ouvrir la porte. «Les couvertes sont là, servez-vous dans le frigo.» Et nous avons sauté dans la voiture.
Une heure de route que nous devions faire. Une heure. Je savais que l’Homme-Tuque roulait vraiment vite, mais je n’osais pas regarder le compteur. D’ailleurs je n’ouvrais même pas les yeux, j’étais déjà complètement dans ma bulle de travail. La seule phrase que j’ai prononcée de tout le voyage c’est «Ça me donne mal au coeur quand tu changes de vitesse.»
Nous sommes arrivés à la Maison de naissance vers 22 heures. Je suis sortie de la voiture, j’ai prit une pause contraction avant d’entrer, une pause contraction avant de gravir l’escalier et une pause contraction avant d’entrer dans ma chambre. Je me suis assise sur le lit et j’ai vu 4 belles filles, là, pour moi, juste pour moi, juste pour l’arrivée de mon bébé. Il y avait K et une stagiaire, J et une autre stagiaire. On s’est présenté, on a fait des blagues, on a rigolé. Ça n’a duré qu’un instant car Cocotte s’en venait et nous l’a bien rappelé. Chacune a reprit son rôle. K et moi avons échangé un peu. Je suis restée assise sur le lit, ça m’allait pour le moment.
L’ambiance s’est installée rapidement. Les contractions allaient bon train. J’étais détendue.
K voyant que ça allait trop bien, m’a proposée de me lever et de m’installer sur le banc de naissance. Assise et immobile sur le lit, les contractions passaient sans problème en respirant profondément. En me levant par contre, j’ai senti une grande pression vers le bas qui m’a sciée en deux. J’ai laissée échapper un cri. J’étais surprise par l’intensité de la douleur et j’ai eu du mal à marcher jusqu’au banc de naissance qui n’était pourtant qu’à 1 mètre devant moi.
Accroupie sur le banc de naissance, les contractions étaient alors très intenses. Je me berçais à l’aide d’un trapèze suspendu au plafond dans un état conscient et second tout à la fois.
Je ne sais trop quoi ajouter sur cette période de l’accouchement… C’était si introspectif… C’était comme méditer. Comme une transe. Il ne se passait rien et tout en même temps.
À un moment, je me souviens d’avoir manqué de courage. J’ai dit «Ça descend et j’aime pas ça» mais K m’a répondu «C’est ton bébé Joa qui s’en vient, c’est normal» et mon chum a ajouté «T’es belle ma femme.»
À ce moment, le travail achevait, mais je le savais pas encore.
Belle Beauté, Good feeling, L'Homme-Tuque | Commentaires (7)Boum boum dans mon coeur
Objet : Bonne fête Belle Beauté!
Bonjour à toute la famille,
Encore une fois un gros merci de m’avoir permis d’assister à la naissance de Belle Beauté, il y a un an, en tant que première naissance de ma vie d’étudiante sage-femme!
Je vais m’en souvenir toute ma vie, c’est certain.
C.
Belle Beauté, Good feeling | Commentaires (4)Premiers pas et autres nouvelles
Belle Beauté s’élance sur 2 pattes, multiplie les bleus dans le front et croque à pleines dents dans les nectarines. Elle ADORE se promener dans le siège de vélo.
Fiston manie le tournevis et sait changer les piles des affaires qui demandent un tournevis pour changer les piles. Seul garçon du coin, il y a des harems de filles qui l’attendent dehors pour jouer.

L’Homme-Tuque inaugure la code à linge avec les bavettes. Comme il pleut un jour sur deux, je me sauve la job de les laver aussi! qu’il dit. Les jokes auxquelles j’ai eu droit pendant les travaux..! Je vais aller dehors contempler mon érection… de poteau!

Et moi, et moi, et moi..? Les astres s’alignent pour me trouver des contrats. L’automne se pointe. J’ai des envies de ragoûts et de décoration. À part le module de jeux… tous nos projets d’été ont été réalisés! Yé! Peut-être qu’on va réussir à terminer nos projets de l’hiver dernier?
Belle Beauté, L'Homme-Tuque, La maison chez nous, Vie de tribu | Commentaires (7)Un café svp!
Après 45 minutes de livres d’images, de tétée et de berçage alors que je la pensais sur le point de fermer les yeux, voilà tu pas ma Belle Beauté qui glisse en bas du fauteuil, pétante d’énergie, prête pour une nouvelle aventure! Et moi, baillant à m’en défaire la mâchoire, me traîne les pieds jusqu’au percolateur en me disant…
Belle Beauté 1, heure de travail de l’après-midi 0.
Belle Beauté, Travailler c'est trop dur | Commentaires (1)Insomnie et tête qui déborde
Je ne m’endors plus. Je me suis levé pour une tété vers 2h20 et je n’arrive plus à me rendormir. Les idées débordent de ma tête. Des maudites bonnes idées.
Ma réflexion part d’une conversation de vestiaire avec une copine danseuse (je prend des cours, oui, oui et je suis bin poche, on y reviendra) qui termine son Bac en administration et qui vient de commencer sa nouvelle job. Coïncidence! C’est le même Bac que je comptais faire après m’être tapé les préalables de Math nécessaires, sauf que moi je songeais à l’option comptabilité plutôt que gestion des ressources humaines. (Bon les filles qui attendaient le scoop, poursuivez votre lecture, ce n’est pas tout!) Elle me disait que sans avoir tous les cours de maths je pourrais quand même m’inscrire comme étudiante libre, bla bla bla. (Tiens, étudiant libre, un concept que le cégep local ne comprends pas du tout! «Mais non Madame, vous ne pouvez pas prendre juste 1 ou 2 cours si vous n’avez pas l’intention de poursuivre vos études après. Ça se fait pas!» Bitch.) Tout est beau jusque là. On se salue. À la semaine prochaine.
Je rentre, raconte ma soirée à mon chum, écoute quelques minutes du Téléjournal et vais me coucher. Je visualise mes chorégraphies mentalement et m’endors vite, je suis crevée.
2h20, je me lève pour la tétée. Je me recouche. Je ne m’endors pas parce que j’ai un flash. Je pourrais travailler et étudier en même temps! Au lieu de faire comptabilité ce qui (à part pour le fait que je n’ai pas besoin de mettre mes tripes dans mes tableaux Excel) ne m’excite guère, je pourrais offrir mes services d’entretien de sites Web. Comme changer le texte ou les images un peu. Pas programmer une applications ou installer une base de données, juste de la p’tite job de contenu pour Monsieur Chose qui vend des foyer l’hiver pis des air climatisées l’été. Et je pourrai étendre ça au matériel imprimé. Ajouter un paragraphe dans le pamphlet des services. Puis, en allant chercher des cours d’appoint, je pourrais éventuellement ajouter des services de correction et de révision de textes ou même de rédaction. Je n’ai pas l’intention d’écrire dans un journal ou un magazine, mais le petit paragraphe dans le pamphlet de Monsieur Chose, ça pourrait être moi qui le rédige..!
Je ne sais pas s’il y aurait une demande pour ça. Peut-être que Monsieur Chose fait mettre son site Web à jour par sa secrétaire? Peut-être qu’il appelle le gars qui l’a fait? Entre la secrétaire qui connaît peut-être pas trop ça et le programmeur qui charge une coche pour changer une virgule, est-ce qu’il pourrait y avoir moi? Qui pourrait faire ça pro et pas cher?
Et la révision et la correction, il y a des gens qui en font leur métier! Je corrige déjà les courriels et les soumissions de l’Homme-Tuque et dans mon ancienne vie, il m’arrivait souvent de faire le premier jet de correction avant la vraie correctrice et de rédiger la v1 d’un nouveau texte avant de le mettre en page. (Mon vrai métier, avant de tout sacrer là pour étudier l’architecture (ce qui s’est avéré un échec) c’est en multimédia, mais j’ai surtout travaillé comme infographe. Mais c’est que je me livre ce soir hein?) Je me demande si je pourrais devenir assez compétente en allant chercher des certificats ou des micro-programmes à temps partiel à l’Université.
Je pourrais travailler de la maison comme je l’ai toujours fait (par obligation au départ, par plaisir ensuite) et être là pour les enfants le midi et après l’école comme je le souhaite. Pas de courraillage ni de service de garde scolaire.
Bon. C’est fou comme les idées deviennent moins abondantes une fois sur l’écran! C’est même moins emballant comme projet je trouve… Ça m’avait l’air tellement de l’idée du siècle dans mon lit, mais maintenant le doute m’envahit…
Je vais me coucher. Au moins ma tête est vide.
Ascendant Balance, Travailler c'est trop dur | Commentaires (6)Premier cheveu blanc prévu pour 2009
Elle va me faire mourir. Belle Beauté, qui d’autre.
Elle ne marche pas encore, Dieu merci, mais ça ne l’empêche pas de me faire virer le coeur à l’envers. Côté marche, elle se déplace le long des meubles, marche en poussant un objet quelconque qui glisse un tant soit peu et se tient debout en équilibre. Il n’y a là rien de bien exceptionnel, c’est le stade juste avant ses premiers pas. Mais c’est qu’elle grimpe et qu’elle a du caractère Belle Beauté!
En promenant sa chaise d’enfant, elle choisi son défi du jour, soit une chaise de cuisine, la toilette ou le meuble de télé, et tente par tous les moyens de l’atteindre en s’aidant de son accessoire fétiche. Vous auriez dû voir sa face en grimace quand je l’ai trouvée en train de se bercer dans le gros fauteuil cette semaine..!
Les escaliers sont un autre de ses passe-temps favoris. Si j’ai le malheur d’oublier une des 3 barrières ouvertes, le petit bruit de ses mains sur le bois m’avertit aussitôt de mon étourderie. Dans ces situations, je procède à une montée ainsi qu’à une descente supervisée car si je la retire tout simplement de l’escalier en refermant la barrière, elle se fâche!
Bien qu’elle accepte parfois de descendre l’escalier à genoux et à reculons comme je lui ai enseigné, c’est debout en me tenant les mains qu’elle préfère le faire… avec de temps à autre une variante à une main en essayant d’atteindre la rampe avec l’autre.
Pour rester dans le domaine des cris, contrairement à son frère, nous n’aurons pas droit à quelques mots de Belle Beauté pour son premier anniversaire. Pointer et hurler, voilà son moyen de communication.
Vive comme l’éclair, n’essayez pas de lui en passer une en grignotant quelque chose sans partager avec elle. Elle veut manger tout, comme tout le monde et avec une cuillère s’il-vous-plaît.
J’ai déjà droit à quelques épisodes de fakeage bien sentis comme faire semblant d’avoir la jambe coincée dans le trou de la chaise… et faire une face crasse quand elle se fait prendre.
Toujours à l’affût de mes réactions, bonnes ou mauvaises, elle me teste un peu chaque jour. Mordre un mamelon, taper, donner des coups de tête ou mettre ses doigts dans mes orifices faciaux. Chacune de mes réactions est pour elle un pur ravissement!
J’allais oublier sa tendance à monter dans les glissades par la rampe avant de se laisser glisser le ventre une fois en haut. Je la surveille, mais quand même!
Et pour finir, à l’épicerie cette semaine, chaque fois que je m’éloignais d’un pas pour prendre un truc sur la tablette, je retrouvais Mademoiselle debout dans le panier! Dire que je trouvais ça con des paniers avec une ceinture. Pfffffffft… c’est pour les mères poules les ceintures! que je me disais. C’est drôle, j’en aurais pris 4 cette fois-là, une pour chaque membre!
Sur le chemin du retour Fiston n’a pas arrêté de dire que lui il avait dont été gentil et que sa soeur avait dont été tannante à l’épicerie. Je lui ai avoué que oui, pour une fois, c’est elle qui m’avait donné du fil à retordre et que j’étais dont fière de lui!
Moi qui pensait qu’une fille ce serait molo… Couettes et papotage… Comme j’étais naïve!
Belle Beauté, Vie de tribu | Commentaires (4)




