Tranches de citrouilles
Je me suis levée jeudi avec l’envie d’aller dans la grande ville magasiner les costumes d’Halloween. Fiston a choisi un horrible costume moulant d’Optimus Primus avec un masque en plastique cheap. Je me demande si le dit costume va toffer la run. Moi j’aurais davantage vu mon grand garçon en beau Indiana Jones, mais bon. J’en ai acheté un à l’Homme-Tuque à la place pour après la course aux bonbons.
Belle Beauté pour sa part est tellllllllllllllllement cuuuuuuute dans son costume de coccinelle. Non, pas en princesse. Surtout pas en princesse.
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Fiston — Maman, est-ce que je peux manger les araignées en jujubes?
Joa — Oui, mais pas toutes les araignées.
Fiston — Non non, je vais les manger une par une!
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Joa, apercevant son chum la main dans la boîte de palettes de chocolat pour l’Halloween — Ça serait l’fun qu’il en reste pour l’Halloween!
L’Homme-Tuque — Je fais du contrôle de qualité.
Joa — Ouan… dit-elle en plongeant elle aussi la main dans la boîte et en s’envoyant 2 Kit Kat et 3 Aero.
Le Grand Bob
Encheaper, verbe. Pour une entreprise, couper dans les dépenses en abaissant la qualité d’un produit. Comme dans «Maudit Kushies à marde. Ses bavettes se sont encheapées depuis celles que j’avais achetées pour Fiston. 6 mois et déjà bonnes pour la poubelle.»
Pas sérieux/N'importe quoi | Commentaires (4)1, 2, 3, 4
4 ans, c’est une Carte Soleil. C’est une photo de permis de conduire. 4 ans, c’est des Jeux Olympiques. Des élections. Enfin… d’habitude.
Il y a 4 ans, le 4 du 10 2004, Fiston naissait et par le fait même, je devenais maman.
4 ans plus tard, il a soufflé les 4 bougies sur son Magli au chocolat.

Il m’arrive encore des fois de jouer à «quand tu étais dans mon ventre». Fiston se couche sur mon ventre en petite boule et je lui parle de quand il était dans mon ventre. Maintenant, il dépasse de partout! Il est si grand!
4 ans, c’est ça. C’est un bébé qui dépasse de partout et c’est drôle.
4 ans. Un p’tit homme. Un amour.
Good feeling, La chair de ma chair | Commentaires (6)Manger, un jeu d’enfant
Cette entrevue à propos du livre Manger, un jeu d’enfant me fait un bien fou!
Je suis contente d’entendre une nutritionniste dire que nos enfants savent quand arrêter de manger et qu’ils savent instinctivement équilibrer leur alimentation. Je l’observe avec les miens. Fiston une journée ne mange que ses haricots, le lendemain il ne touche qu’à sa viande. Il n’a pas touché ses légumes pendant le repas? Tant pis, je lui offre un fruit pour dessert. Belle Beauté sait quand elle en a assez de son repas et elle réclamera bruyamment son dessert, pour changer le goût tsé!
Pas de négociations ni de félicitations pour une assiette terminée. Juste le plaisir de partager un bon yogourt gras avec maman, de gratiner ses pâtes «avec le fromage qui pique maman, c’est meilleur!» en parlant du parmesan et de croquer une nectarine dégoulinante de jus.
Je suis leur mère, pas la police de leur assiette.
«Maman, c’est bon!» et «J’ai plus faim!»… de la musique à mes oreilles.
La chair de ma chair, Les cordes à linge | Commentaires (6)Le jour et la nuit (Partie 2)
Tout a commencé ici.
Vers minuit, sous la suggestion de K, on m’a installée un petit amas d’oreillers pour que j’y dépose ma tête et mes épaules. Cocotte s’en venait, il ne restait qu’une fine bande de col. Et déjà, elle poussait.
C’était un mouvement incontrôlable. Mon bassin basculait tout mon corps vers l’arrière comme une chatte qui s’étire. Déjà, la tête se pointait. K a suggéré de rompre les membranes entre Cocotte et moi. Tout ce temps là elle flottait dans sa bulle ma profiteuse de fille! Tant mieux pour nous deux! Rapidement, sa tête est apparue tout entière. Elle a ensuite prit une longue pause de 4 minutes. 4 minutes sans aucune contraction, sans aucune poussée. Je ne l’ai su que plus tard, mais le stress était contagieux dans la chambre pendant ces 4 minutes! Puis, elle est née. Il était minuit 59.

Tout le reste s’est fait dans la plus grande simplicité. Examen si Belle Beauté le veut bien, couper le cordon quand c’est vraiment nécessaire, examen du placenta expliqué, … Et Belle Beauté qui voulait boire et qui était vraiment championne! Enfin, un long dodo tous les trois dans cette chambre nommée La Pleine Lune. Si à propos.
Un retour à la maison rapide et apprécié! Qu’on se sentait bien avec un 2e. Des vrais pros! Cool. Relax. Ça allait tout seul. Un intense sentiment de famille. Juste l’essentiel. Être ensemble.

Et les mois ont passés. 6 mois de bon lait de maman plus tard, Belle Beauté était déjà toute féminine tout en étant le portrait craché de son frère.
6 autres mois plus tard, elle est devenue une tite madame curieuse, vivante, affectueuse et têtue.
Bonne fête Scarlette.
Merci pour cette année…
Toff! mais inoubliable.

Le jour et la nuit
Mes 2 accouchements, comme mes 2 enfants, c’est le jour et la nuit. D’ailleurs le premier est né le jour, la deuxième, la nuit. Laissez-moi vous raconter la nuit.
Ma DPA était dépassée depuis plusieurs jours, je collectionnais les rendez-vous à la Maison de naissance et les trucs pour convaincre Cocotte de venir au monde. Heureusement, mes sage-femmes étaient super relax avec ça et me faisaient entièrement confiance. «C’est toi le meilleur juge de la santé de ton bébé. S’il bouge comme d’habitude, on continue à attendre.»
Les gens autour de moi étaient nerveux. Moi, une fois ma DPA passée, je suis devenue très calme… mais très intolérante! Mon instinct de nidification ne s’exprimait pas en ménage extrême mais en pas touche à ma bulle familiale extrême. Je ne voulais voir personne, parler à personne et refusait qu’on me prenne Fiston pour quelques jours. J’avais besoin de sentir ma famille unie et heureuse. J’avais l’impression que je n’accoucherais jamais sans cela!
Le lundi 24, j’avais rencontré K qui m’avait donné sa recette pour l’huile de ricin et avait pratiqué un décollement des membranes. Le mardi 25, je m’étais préparé un lait frappé pour accoucher qui m’avait donné davantage mal au coeur qu’autre chose. Le lendemain, à ma 42e semaine de grossesse, si je n’avais pas encore accouché j’aurais l’obligation d’aller à l’hôpital. Il n’en était juste pas question. Je me sentais en sursis.
La veille du fameux jour H, après le souper, j’avais proposé à l’Homme-Tuque d’aller marcher dans le bois derrière la maison. Il avait accepté pour me faire plaisir, les marches c’est pas trop son truc. Je n’ai pas eu à marcher longtemps avant d’avoir des contractions.
«Chéri, c’est peut-être ce soir qu’elle va arriver haha!» que je disais à l’Homme-Tuque. Marche, marche, plaisante. Il faisait beau, il faisait chaud, on essayait de se détendre. «Chéri, plus ça va, plus je pense que c’est vrai là, elle va arriver ce soir..!» Pas de montre, impossible de calculer la fréquence des contractions. On a quand même poursuivi notre promenade. «Chéri, ça n’arrête vraiment pas là, je pense qu’on devrait rentrer à la maison!» Et sur le chemin du retour… «Chéri, on marches-tu un peu plus vite?»
De retour à la maison, j’ai téléphoné à K pour l’avertir que c’était le bon soir.
K — À quelle fréquence sont tes contractions?
Moi — Je sais pas, je marchais, je n’avais pas de montre. Je vais prendre un bain, je vais calculer ça et je te rappelle.
K — Ok, à tantôt!
Je suis allée prendre un bain. Toujours des contractions. Je pensais que l’Homme allait venir voir comment j’allais et m’apporterait un cadran, quelque chose, pour que je calcule mes contractions. J’attendais. Il ne venait pas. Je l’ai appelé. Pas de réponse. Grrrrrrr! Ok, fuck le calcul, j’étais certaine que c’était le bon moment. J’ai essayée de sortir du bain… iiiiiiii pas facile..! J’ai appelé l’Homme encore… qui n’est pas venu. Câlissss! Heureusement, j’ai fini par m’extirper du bain sans me casser le cou.
Finalement, l’Homme est arrivé..!! «T’étais où câliss!?!» que je lui ai demandé. «Bin, en bas! J’avertissais la job que je serai pas disponible pour les prochains jours!» qu’il m’a répondu innocemment. Après quelques reproches bien sentis, tout s’est passé très rapidement: le téléphone à ma mère, les ordres lancés en vrac à l’Homme et les explications à Fiston. Les contractions étaient de plus en plus rapprochées et de plus en plus douloureuses alors je faisais vite. Nous avons pagé K mais c’est l’Homme qui lui a parlé car je n’arrivais déjà plus à tenir une conversation. Il était environ 20 heures.
Ma mère est arrivée. J’ai dû laisser passer une contraction avant d’aller ouvrir la porte. «Les couvertes sont là, servez-vous dans le frigo.» Et nous avons sauté dans la voiture.
Une heure de route que nous devions faire. Une heure. Je savais que l’Homme-Tuque roulait vraiment vite, mais je n’osais pas regarder le compteur. D’ailleurs je n’ouvrais même pas les yeux, j’étais déjà complètement dans ma bulle de travail. La seule phrase que j’ai prononcée de tout le voyage c’est «Ça me donne mal au coeur quand tu changes de vitesse.»
Nous sommes arrivés à la Maison de naissance vers 22 heures. Je suis sortie de la voiture, j’ai prit une pause contraction avant d’entrer, une pause contraction avant de gravir l’escalier et une pause contraction avant d’entrer dans ma chambre. Je me suis assise sur le lit et j’ai vu 4 belles filles, là, pour moi, juste pour moi, juste pour l’arrivée de mon bébé. Il y avait K et une stagiaire, J et une autre stagiaire. On s’est présenté, on a fait des blagues, on a rigolé. Ça n’a duré qu’un instant car Cocotte s’en venait et nous l’a bien rappelé. Chacune a reprit son rôle. K et moi avons échangé un peu. Je suis restée assise sur le lit, ça m’allait pour le moment.
L’ambiance s’est installée rapidement. Les contractions allaient bon train. J’étais détendue.
K voyant que ça allait trop bien, m’a proposée de me lever et de m’installer sur le banc de naissance. Assise et immobile sur le lit, les contractions passaient sans problème en respirant profondément. En me levant par contre, j’ai senti une grande pression vers le bas qui m’a sciée en deux. J’ai laissée échapper un cri. J’étais surprise par l’intensité de la douleur et j’ai eu du mal à marcher jusqu’au banc de naissance qui n’était pourtant qu’à 1 mètre devant moi.
Accroupie sur le banc de naissance, les contractions étaient alors très intenses. Je me berçais à l’aide d’un trapèze suspendu au plafond dans un état conscient et second tout à la fois.
Je ne sais trop quoi ajouter sur cette période de l’accouchement… C’était si introspectif… C’était comme méditer. Comme une transe. Il ne se passait rien et tout en même temps.
À un moment, je me souviens d’avoir manqué de courage. J’ai dit «Ça descend et j’aime pas ça» mais K m’a répondu «C’est ton bébé Joa qui s’en vient, c’est normal» et mon chum a ajouté «T’es belle ma femme.»
À ce moment, le travail achevait, mais je le savais pas encore.
Good feeling, La chair de ma chair, Mon mec à moi | Commentaires (7)Boum boum dans mon coeur
Objet : Bonne fête Belle Beauté!
Bonjour à toute la famille,
Encore une fois un gros merci de m’avoir permis d’assister à la naissance de Belle Beauté, il y a un an, en tant que première naissance de ma vie d’étudiante sage-femme!
Je vais m’en souvenir toute ma vie, c’est certain.
C.
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