L’hiver est à nos portes
L’hiver est à nos portes parce que les anecdotes de morve et autres substances nasales commencent. Ainsi, c’est le bon moment de parler de ma nouvelle coiffure.
Quand Fiston était bébé, je suis un jour allée à la pharmacie faire le plein de fournitures, comme souvent le font les mères. J’y ai croisé une tite madame qui aime dont ça les bébés, comme souvent les aiment les tites madames. Parle, parle avec la tite madame qui s’informe de l’âge, du poids et du nombre de dents de Fiston. Je me passe la main dans les cheveux, comme souvent le font les filles aux cheveux longs, sauf que ma main, au milieu de sa course, se heurte à un noeud. Elle travaille doucement pour tenter de se libérer. Rien à faire. Ma bouche continue de sourire à la tite madame pendant que mes yeux jettent un coup d’oeil à la crinière emmêlée. De la morve séchée appartenant à Fiston avait formé un tapon de cheveux aussi résistant que du fil barbelé.
Cette aventure, et plusieurs autres ensuite, me permet de révéler une nouvelle démonstration de la Loi de Murphy à savoir:
«Les cheveux frais lavés attirent les fluides de bébés.»
Voici pourquoi, en congé de maternité, j’adopte systématiquement la coiffure suivante:

Soulagement
Aujourd’hui c’était le 3e jour d’apprentissage de la propreté pour Fiston. Les 2 derniers jours ont été bien remplis de lavage de vêtements et de plancher mais aujourd’hui, Fiston était en forme (ou la réglisse fût un bon motivateur) parce qu’il a scoré 5 sur 7. C’était l’allégresse dans la maison, je me pouvais pu de fierté et de soulagement, surtout de soulagement.
La tribu était tellement sur un high qu’elle à décidé de faire une activité familiale à l’extérieur après le souper. Nous avons commencé par une sortie modeste et sécuritaire: dessiner à la craie dans la rue (restons à portée de petit pot). Alors je dessine mon traditionnel maison/soleil/nuage/arbre, Fiston trace des chemins et l’Homme-Tuque s’adonne à de l’art abstrait assez ‘70.
Fiston – Maman..?
Moi – Quoi mon grand…
Fiston – …caca…
À peine eu-je le temps de dire… «Vite on va aller sur le petit pot dans la maison!» que j’apercevais les petites boules tomber de sa culotte courte et rouler par terre dans toutes les directions. Six petites boules de crotte formaient une galaxie autour de lui sur l’asphalte. Ne pas paniquer, hurler ou se précipiter, cela pourrait attirer l’attention inutilement. Rire un bon coup, envoyer les garçons à l’intérieur et ramasser le tout comme si c’était la chose la plus naturelle du monde!
(Mes)aventures | Commentaires (2)La vérité sur l’aménagement du terrain
Mon billet sur l’aménagement de notre terrain était un brin… disons naïf et idéaliste. Laissez-moi vous raconter la véritable histoire de la semence du gazon.
25 juin
L’Homme-Tuque fait des appels pour trouver une entreprise qui livre de la terre. Bon prix. On estime à 4 voyages + 1 de remplissage pour le fond du terrain. C’est possible pour demain. Marché conclu.
26 juin
Un gros camion de transport se présente devant chez nous vers 8h ce matin là. À la course, nous déplaçons voitures et bacs roulants. Il décharge une énorme montagne de terre sur notre terrain. Fiston s’excite à regarder le camion à travers la fenêtre. De mon côté, j’imagine, sourire aux lèvres, mon beau terrain tout de vert vêtu avec le cabanon, le carré de sable, la terrasse et les balançoires. Coûts des 5 montagnes 820$.
29 juin
Détour à l’Hôtel de Ville pour aller chercher le permis d’arrosage (25$). Arrêt chez le paysagiste pour acheter des semences et de l’engrais (250$).
30 juin
Nous partons chez le loueur d’outils pour chercher le tracteur que l’Homme-Tuque a réservé. Aujourd’hui, nous étendons notre terre. L’Homme-Tuque sur sa machine, moi armé d’un râteau et Fiston quelque part pas trop loin, nous entamons notre journée.
L’Homme-Tuque dépose la terre par petits tas et moi je l’étends. Ça l’air simple et facile comme ça, mais après 3 heures de ce régime, nous avions seulement complété le côté de l’entrée, c’est-à-dire rien pentoute. Il est 11h30 et mon dos est capoute pour la journée. Je rentre avec Fiston et laisse l’Homme-Tuque à sa bébelle.
Il abandonnera 4 heures plus tard. Il n’est pas assez habile ni assez rapide pour faire le travail. Coût de la journée 188$.
Nous appelons un excavateur qui nous promet de passer durant la fin de semaine pour évaluer le travail.
1 juillet
M. L’Excavateur téléphone pour annoncer sa visite. Il discute avec l’Homme-Tuque et fait le tour du terrain. Son verdict: la terre est de mauvaise qualité et il n’y en a pas assez. Ça prend 2 voyages de plus. Soit! Il peut venir 2 jours plus tard. Excellent!
3 juillet
M. L’Excavateur vient nous porter 2 voyages de belle terre noire. Wow! Elle est extra, rien à voir avec l’autre que nous avions. Nous sommes contents et moins riches de 330$.
4 juillet
M. L’Excavateur arrive avec sa machinerie à 9h le matin. Il étend la terre en avant et du même coup corrige la mauvaise courbe du terrain. Il étend ensuite sa terre à l’arrière. Il nous propose d’agrandir et corriger la pente de l’entrée avec un voyage de roche. Vendu. M. L’Excavateur continue son travail. L’Homme-Tuque doit partir travailler en ville. Je n’aime pas l’idée d’être responsable de juger du travail de M. L’Excavateur et de le payer, mais comme je n’ai pas le choix…

Le temps venu, je sors constater les travaux. Il y a franchement trop de terre en avant par rapport au côté et il manque de terre noire sur la moitié arrière du terrain. M. L’Excavateur dit que nous devrions tourber sur le côté et dans le fond du terrain parce que les semences ne pousseront pas à ces endroits. Ça m’apparaît évident à moi aussi. Osti. J’en peux pu.
Mes semences sont achetées, que je lui dis. Alors là, semez quand même et vous corrigerez la situation l’année prochaine. L’année prochaine? Je ne veux pas patcher mes erreurs l’année prochaine, je veux une pelouse parfaite cette année, si possible avant d’accoucher. Osti.
M. L’Excavateur réclame son dû. 500$ de moins dans nos économies.
Dix jours et 2117$ plus tard, non seulement je ne suis toujours pas prête à semer ma pelouse, mais en plus je dois racheter de la terre, rouler et râteler. Sans compter que mon permis d’arrosage sera échu avant même que nous ayons fini.
(Mes)aventures, La maison chez nous | Commentaires (0)Freddy Kruger, laveur de vitres
C’est rare que l’on se lève un matin en se disant «Aujourd’hui, il va m’arriver quelque chose qui pourrait me tuer». Ces affaires là ont tendance à nous surprendre, allez savoir pourquoi.
Hier, j’étais dans ma voiture en direction du Cégep pour assister à un cours d’anglais et je ne m’imaginais pas que j’aurais pu avoir a very good reason pour être absente, du genre en béton. Je venais de laisser Fiston chez sa gardienne, comme d’habitude. Je m’engageais sur le pont pour atteindre l’autre rive, comme d’habitude. Il est 7h et quelques, c’est l’heure de pointe, il y a vraiment beaucoup de voitures. La chaussée est glissante et aussi assez salissante. À mi-chemin du pont, mon par-brise est complètement salopé par ceux qui sont devant et je dois me rendre à l’évidence qu’il est temps de le nettoyer. Je ramène à fond le petit levier qui actionne les essuis-glaces. *Zouuuuuuuu. Slock. Slock. Slock. OUPS!* L’essuis-glace du côté conducteur s’est envolé. Parti. Disparu. Volatilisé. Tout ce qui se passe dans ma vitre c’est *Sckriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitch. Sckriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitch. Sckriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitch.* Paniquée, je cherche le levier afin de faire cesser ce bruit insuportable, comme si Freddy Kruger lavait mes vitres. Levier en position arrêt, 2-3 coups de griffres supplémentaires et enfin, le silence.
J’examine la situation: je roule 100 km/heure dans la voie rapide, il y a des voitures partout, surtout en avant qui salissent à chaque seconde davantage mon pare-brise, je suis sur un pont donc je ne peux pas m’arrêter. Premièrement, ralentir et changer de voie. Bon. Encore plus de gens devant, mon pare-brise s’assombrit de plus en plus. Shit. En adoptant une position semi-assise j’arrive à atteindre un coin de pare-brise plus clair ce qui me permet de voir un peu. Bon. J’atteinds la première sortie. Je me sens mieux. Je suis à un feu. Youpi, j’ai une voie protégée pour tourner. Garage, garage, garage… GARAGE! Je n’ai jamais été si heureuse de voir une feuille d’érable rouge. Je nettois à toute vitesse mon pare-brise (i’m late!) et je place l’essuis-glace restant du côté conducteur. En cas d’urgence je pourrai laver ma vitre. Je roule doucement vers le Cégep. Ma voiture se dandine le derrière à tous les coins de rue. Je suis en retard, mais je conduis prudemment. Faire un accident après avoir échappée au pare-brise sale, ce serait vraiment con. Et je formule un excuse for my teacher dans ma tête.
(Mes)aventures | Commentaires (0)Je me sens vieille, straight et plate
Vendredi soir. Je suis invitée à un party où la moyenne d’âge est mon âge (24). Il y aura de l’alcool, de la drogue et des jeux d’argent. J’arrive. Je connais seulement 3 des 20 personnes présentes. Toutes sont sur leur 36, fument, boivent et sont déjà excitées à l’idée de jouer leur 5$ au Poker. Elles parlent de drinks, de bars, de syndicat et comparent leur paie à la semaine. Je ne fume plus, ne bois plus, j’ai joué 2$ une fois dans une loterie vidéo, je pense que je suis en train de rater Zone Libre Enquêtes, le gros reportage sur le pétrole en Alberta. Bref, je dois faire de gros efforts pour avoir l’air dans mon élément.
Un gars raconte une anecdote concernant un autre gars que toutes les personnes présentes connaissent (sauf moi) mais qui est absent ce soir là. La dite anecdote comporte comme éléments principaux un nourisson, le gars absent et de la poudre. Tout le monde rit (sauf moi), se bidonnent, ah ah ah!! oh oh oh!! Elle est bien bonne!! Moi, je suis estomaquée, je ne respire plus, je grince des dents.
Chum de mon amie – Joa, tu la trouves pas drôle?
Je me réveille et m’étouffe presque de réaliser qu’on s’est aperçu que la chose ne me faisait pas rire.
Moi – Ah, oui, oui, c’est très drôle! Ah ah ah! On parle bien de poudre de talc ici n’est-ce pas? Ah ah!
Tout le monde – …
Moi – …
Une voix sur le côté – C’est quoi ça de la poudre de talc?
Moi – …
Tout le monde, en évitant de me regarder – …
Bozzo le réparateur
Alors que je vis dans le fantasme de ma vie future dans mon immmmmmmense maison (tout ce qui est plus grand qu’un 5 1/2 est immense) mais quand même un peu sur les nerfs en pensant à ma future vie avec 2 enfants, il arrive un événement qui franchement scrappe ma fin de semaine: un électroménager qui brise. Non, pitié!
Naturellement, de la nature de l’appareil va dépendre le degré de tragédie. Le réfrigérateur est le niveau 1 de la tragédie. Vécu en 2004 à quelques jours de la naissance de Fiston. Le niveau 2 de la tragédie est la cuisinière. Vécue à l’été 2005. Sans cuisinière, faire manger sa tribu devient un vrai casse-tête. Surtout que dans mon village, la seule restauration disponible est la poutine et le club sandwich. La laveuse est le niveau 3 de la tragédie. Vécue en 2004, encore pendant que j’attendais Fiston. Sans laveuse, point d’échappatoire, c’est à la buanderie qu’il faut aller. Vous avez déjà essayé de faire votre lessive dans le bain à une époque de grande pauvreté et franchement, plus jamais. Le niveau 4 de la tragédie est la sécheuse. Aujourd’hui, j’en suis là. Il fallait s’y attendre, c’était son tour. Si je vivais déjà dans ma maison ce n’est pas la place qui manquerait pour faire sécher mes effets. Mais dans un 5 1/2 qui déborde de jouets, où vivent et travaillent 2 adultes + 1 enfant, 2 brassées mouillées et une immense pile de vêtements sales, c’est encombrant.
C’est dimanche, jamais je ne vais trouver de réparateur. Quoique, je ne suis même pas certaine d’en trouver un lundi because l’histoire de ma cuisinière.
Histoire de la cuisinière
Été 2005, la cuisinière ne fonctionne plus. Les ronds vont bien, mais le tableau numérique du four affiche n’importe quoi et le four reste froid. Pages jaunes. Vous téléphonez à des réparateurs des villages environnants. Personne ne répond, vous laissez des messages. Vous téléphonez à des réparateurs en ville. Ils se déplacent, mais facturent un supplément. Vous rappelez les réparateurs des alentours. Quelques jours plus tard, un seul retourne votre appel. Il ne viendra pas voir votre cuisinière, mais vous suggère d’appuyer pendant 10 secondes sur Cancel, de débrancher le four 5 minutes puis de le rebrancher. N’importe quoi. Mais vous le faites quand même… sans résultat. Vous le rappelez. Il vous sugguère une autre procédure vaudou (un sacrifice avec ça Monsieur?) Vous insistez. Il finit par accepter de venir voir votre cuisinière seulement parce qu’il vient dans le coin le lendemain (en gros, il vous fait une faveur!!!).
Bozo le réparateur est chez vous. Il prend un tournevis, enlève une pièce sur votre cuisinière, vous donne le nom d’un vendeur de pièces neuves, vous demande 50$ sans vous faire de facture et s’en va. Vous allez chez le vendeur de pièces. Le vendeur prend votre machin et pitonne son ordi. Verdict : la pièce coûte 250$ plus les taxes. Vous repartez avec votre vieille pièce, vous faites un détour au magasin et achetez une cuisinière neuve pour 400$. Livraison dans 2 jours, ils reprennent même votre four de malheur pour rien. Bon débarras.
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